Vernissagerede für Véronique Zussau

Ausstellung Galerie Imoberdorf, Murten. 26.08.2007

On sait à travers différentes statistiques qu’un visiteur d’un musée regarde une toile pendant environs 10 à 15 secondes. Si on prend ce fait pour une valeur donnée, vous avez vu l’expo de Véronique Zussau en plus ou moins deux minutes. Mais vous n’auriez vu que la surface, peut-être même pas compris les 4 mots à voix haute „ce n’est pas possible“.

Véronique Zussau hat eine sehr sparsame Ausstellung inszeniert. Geschichten brauchen Raum, sagt sie. Und Zeit, sage ich. Denn es ist faszinierend, mehr und mehr zu erkennen, welcher Reichtum und welch unterschwellige Präzision in der Setzung jedes einzelnen Werkes, jedes einzelnen Teils der Installation, der Ausstellung, enthalten ist.

Prenons tout d’abord le titre de l’installation principale et de l’expo en tout: „Alice“, pas plus que „Alice“. Qu’est-ce-que vous avez fait, lorsque vous avez lu le titre sure le carton d’invitation? Avez-vous pensé à une femme, une jeune fille que vous connaissez et qui s’appelle Alice? Ou, ce qui est arrivé à moi, avez-vous immédiatement ajouté „im Wunderland“? Und ist es ihnen dann vielleicht auch so ergangen, dass die „Alice im Wunderland“ etwas Beglückendes ausgelöst hat, das sie im Detail aber gar nicht benennen konnten?

Je vous avoue que je suis allée à la maison après la rencontre avec Véronique ici à la galerie et j’ai vite tappé les mots dans mon Mac pour que Wikipedia me fournisse un résumée sur „Alice in Wonderland“. Klar war mir danach, dass meine Alice die Züge Walt Disneys trägt – ebenso wie jene von Véronique, on en parlera tout de suite – Walt Disneys Film zu Lewis Carolls Geschichte entstand 1951 und war dann in meiner allerersten Kino-Zeit in Europa zu sehen. Aber an die Geschichte erinnerte ich mich auch nach dem Nachlesen nicht mehr. Alice war Alice im Wunderland und das genügte. Andern offenbar auch, denn tausendfach wurde sie im Laufe der Zeit – Caroll schrieb die Geschichte 1865! – in immer neue Zusammenhänge gestellt. Ein Nichts, das tausend Facetten hat.

Et maintenant, regardez comment Véronique Zussau a réalisé son Alice, la partie de l’installation qui est dédiée littéralement au personnage de Caroll, mieux Disney. Véronique parle d’une Skulptur-Zeichnung. Vous voyez dedans – je dis dedans et non pas à la surface – Alice qui saute dans l’air – il n’y a rien où elle pourrait se tenir et pourtant elle a l’air gaie. Vous réaliez en regardant que la sculpture a un petit socle et dessus il y a un pillier de feuilles transparentes. Si vous êtes très curieux vous prenez peut-être une des feuilles pour regarder sa qualité. Et il est bien possible que vous êtes un tout petit peux paniqués, car rien est visible, pas de dessin, rien, ou bien, est-ce-qu’il y a là un petit ombrage? Si vous avez la chance que l’artiste est à côté de vous, vous recevez certainement l’explication.

 Alle Folien, so erklärte mir Véronique, sind identisch, sind ganz ganz fein mit der Silhouette von Alice bedruckt. 500 Mal. Und die Verdichtung macht das Wunder sichtbar, bringt die Traumfigur in die Ausstellung. Ich war so berührt von dieser so einfachen und zugleich so komplexen, indirekt den ganzen Kosmos einschliessen-den Vorgehensweise, verbunden mit einer Figur, die genau das in sich trägt – das Sichtbare und das Unsichtbare – dass mir fast die Tränen kamen.

Mais qu’est quelle est, c’est Alice soudain visible, pour Véronique Zussau? Pour moi, elle dit, Alice est une jeune fille qui cherche sa place dans la vie, qui se fait petit ou grand, comme dans l’histoire de Caroll, pour qu’elle trouve le chemin dans ce monde de plus en plus globale et complexe, où nous ne pouvons plus saisir de règles ou il faut s’adapter toujours, mais qui a pourtant sa poésie.

Alice ist in der Gesamtinstallation ihres Namens quasi ein Bild für das, was sich um sie herum abspielt. Da ist ein kurzes Video, das – fragmentiert – zwei Menschen zeigt, die ein Spiel spielen, dessen Regeln für uns undurchschaubar sind; wir stellen in der Repetition lediglich fest, dass immer dieselbe Person zu gewinnen scheint und die andere sagt „ce n’est pas possible“. In einem Film-Quiz käme nun sicher die Frage, aus welchem, berühmten Film die kleine Szene stamme. Eigentlich ist das für die künstlerische Arbeit von Véronique nicht wichtig, aber wir sind alle neugierig, darum gebe ich weiter, was mir die Künstlerin verriet. Es ist eine kleine Sequenz aus dem Film „l’année dernière à Marienbad“ von Alain Resnais, aus dem Jahr 1961.

Je disais qu’il n’est pas important de connaître le film pour comprendre l’oeuvre de l’artiste. Et pourtant, savoir un peu plus rajoute quand même une facette au fil rouge à travers l’art de Véronique Zussau. Dans le film un homme tente de convaincre une femme qu’ils ont eu une liaison l’année dernière dans le même hôtel de luxe à Marienbad. Elle ne se souvient pas et jusqu’à la fin on ne sait pas si c’est un rêve, une stratégie de séduction ou une réalité perdue. Mais tout est possible et tout est une partie de l’homme qui a le don de vivre à la fois dans la réalité et dans le pays des merveilles, bien qu’il n’est pas toujours facile de trouver des règles pour se tenir debout vis-à-vis des exigences de la vie quotidienne. La voix le dit clairement: Il n’est pas possible de gagner le jeu.

Das Objekt, das plastisch und materiell eine wichtige Bedeutung hat für die Installation, zeigt es. Wissen sie ob dieses silbernfarbene Objekt an der Wand, dessen Äste – ach, da realisiere ich gerade, Alice sass unter einem Baum als sie einschlief und im Wunderland wiedererwachte, einfach überwältigend wie Véronique alles mit allem verbindet, unsichtbar quasi. Item, können sie sagen, ob dieser Baum wirklich einen Baum meint oder ob es nicht gleichzeitig auch ein Hirschgeweih sein könnte und ob es nicht vielleicht ein Wunderland gibt, wo das eine auch das andere ist und beides Realität? Es ist silbrig und damit reflektierend, es ist klein und trägt doch das Geschehen und lehnt sich zugleich leicht nach rechts – wer weiss, vielleicht um die springende Alice aufzufangen, wenn sie nach einer Schlaufe rund um den aus weiter Ferne sichtbaren Globus das Bedürfnis hat sich niederzulassen oder gar aus dem Wunderland wieder in die Realität zurückzukehren.

L’installation Alice occupe tout une salle de l’exposition. Elle est en soi. Mais ne pensez pas qu’il n’y ait pas de liens avec les oeuvres dans les autres salles. Mais il faut que je fasse une paranthèse. Véronique Zussau travaille depuis des années en trois dimensions.Soit en forme d’objets, d’installations spacieux ou – de photos. Bien sûr la photo est en deux dimensions, mais elle pense les trois dimensions, chez Véronique Zussau d’autant plus qu’elle a souvent photographié des modèles spécialement faits pour la photo d’art. Souvenez-vous des photos de montagne par exemple! Ici, dans la photo principale de la deuxième salle, qui nous montre un cygne sur un socle, elle fait en principe la même chose qu’elle a déjà fait dans les scèneries d’intérieurs montrées au musée de Moutier il y a sept ans. Elle travaille avec des superpositions en étappes, mais cette fois-ci construit avec la software de photo-shop, qui donne – entre autre – la possibilité de jouer avec la lumière et à travers la lumière l’intensité de la couleur.

Aber eigentlich sind diese technischen Aspekte für die Kunst egal. Es geht mir nur kurz darum, aufzuzeigen, dass es zwischen den sich überlagernden und dadurch Bewegung suggerierenden Flügelschatten des Schwanes und Alice in der Folie einen methodischen, aber auch einen Denk-Zusammenhang gibt, der hier wie dort eine Ausweitung des realen Raumes in immaterielle Dimensionen anzeigt oder umgekehrt. Véronique Zussau verbindet also nicht nur inhaltlich auf wunderschönste Weise alles mit allem, sondern achtet auch darauf, dass sie methodisch in einem verdichteten Kontext bleibt.

Le cygne qui ce présente ici comme photo en soi – et non pas une partie d’une installation comme dans l’exposition „Pigeon vole“ à Bienne il y a deux ans (une oeuvre qui appartient entretemps à la Mobiliar à Berne) – ce cygne nous racconte une histoire qui est à la crête entre souvenir et rêve. Nous ne pouvons pas dire ce qui est juste, la réponse est uniquement en nous-même. Est-ce-que ce n’est pas la même chose qu’à Marienbad? Est-ce-que le „ce n’est pas possible“ n’est pas pensé pour la deuxième salle aussi? Ou est-ce-qu’il faut se transformer en Alice pour s’approcher du cygne blanc, qui porte dans son corps majestueux toujours sa fierté d’être un cygne blanc?

Der Schwan „lebt“ heute in einem Verleih-Haus – er ist ein Schauspieler, war schon in Theatern, in Schaufenstern und anderswo prominent zu sehen. Fast wie Giorgio Albertazzi im Film von Alain Resnais. Anders die ausgestopften Vögel in den übrigen Fotos der Ausstellung. Aber auch sie haben eine weiterführende Geschichte, wie das zu Véronique Zussaus behutsamen Verknüpfen von Verschiedenem zu Verdichtetem gehört. Es sind Präparate aus der Kollektion von Paul-André Robert, der vor bald 100 Jahren für seinen Vater Léo-Paul Robert Vögel schoss und präparierte, damit dieser das göttliche Wunder der Natur im Spiegel der Vogelwelt malen könne. Wissenschaft, Kunst und ein pantheistischer Glaube stehen somit hinter den Präparaten, die Véronique Zussau in ihren Aufnahmen ebenso kre atürlich wie in ihrer Schlichtheit über sich selbst hinausweisend zeigt und damit Leben und Tod zugleich visualisiert.

L’art de Véronique Zussau semble être très léger. On a envie de le porter afin qu’il ne tombe pas – il n’y a rien qui touche la terre sauf les quatre pieds du socle d’Alice. Même la terre dans la foto d’internet, transmis sur plexi, nous semble être la lune, bien que nous y reconnaîtrons le continent de l’Afrique.

Doch halt, da gibt es zwei Ausnahmen, die fast ein wenig die Funktion haben, uns nicht entschweben zu lassen. Ich meine die beiden Heliogravuren, die mit Humor auf unser menschliches Tun und unsere kleine Existenz hinweisen, indem sie einen Stapel Zeitungen, in dem ach so viele Geschichten stehen, mit einer kleinen weissen Wolke am Himmel kombinieren oder die Erdkugel mit einem winzig kleinen Ausschnitt vor unseren Füssen zusammenbringen. Gut so – Wunderland hat nämlich auch seine Tücken.

Zu guter Letzt habe ich noch ein Anliegen: Übersehen sie nicht das Ende letzten Jahres erschienene Buch zum Schaffen von Véronique Zussau. Es ist eines der besten Kunstbücher, die ich in letzter Zeit gesehen habe – und ich sehen viele – denn es gelingt der Künstlerin darin, das Vernetzen, das ebenso ihr Gesamtwerk wie diese Ausstellung auszeichnet, auch in Buchform zu verwirklichen.